Quel moment plus propice que l’équinoxe de printemps pour doter une Loge d’un nouveau Collège? Le printemps lui-même est gage de renouveau, d’espoir, de dynamisme.
Mais en l’occurrence, c’est plutôt le concept d’équilibre parfait entre le jour et la nuit qui retient notre attention. Attention qui se porte tout naturellement vers le Soleil et la Lune (respectivement à droite et à gauche de l’Orient – l’est, le devant – du Temple), mais aussi vers notre pavé mosaïque (un damier au centre de la Loge). Des cases blanches côtoient des cases noires de mêmes dimensions.
C’est la ligne qui sépare lesdites cases qui nous interpelle. Elle est comme tracée à la règle, mais matériellement illusoire. Pourtant, sans elle, pas de damier. Étrange chose qui disjoint et rassemble à la fois, puisque dépourvue de la moindre densité.
Ainsi, cette ligne inconsistante ne peut être appréhendée que par l’esprit. Les cases, elles, le sont par les sens: on les voit, on les touche.
Faites disparaître, en les descellant, une case noire et la blanche adjacente, que devient la ligne qui les séparait? Rien ne l’empêche de continuer à « être », mais elle échappe désormais à la vue, au toucher, bref, à l’univers sensible.
Les cases, ainsi que le monde manifesté (visible, « réel ») en général, sont donc nécessaires pour révéler les liens invisibles, invisibles comme la Vérité que recherche l’Initié véritable.
Rassembler ce qui est épars. Retrouver les liens perdus qui à l’aube des Temps assuraient l’Unité primordiale. Qu’étaient-ils, ces liens? Énergie pour les penseurs solaires (rationnels), Amour pour les lunaires (intuitifs), un peu des deux pour les adeptes du delta lumineux qui trône dans le Temple entre le Soleil et la Lune.
Un Franc-Maçon suit la ligne entre le noir et le blanc, et tente une réconciliation entre ces extrêmes. La réconciliation, c’est le fondement de tout Ordre initiatique.